Les hémorroïdes durant la grossesse et après l’accouchement

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La maladie hémorroïdaire touche 7,9 à 38% des femmes enceintes. Après un accouchement, 20% des femmes vont souffrir de maladie hémorroïdaire. Pourtant, une crise hémorroïdaire est parfois un souvenir plus douloureux que l’accouchement lui-même.

Les hémorroïdes pendant la grossesse

Les hémorroïdes sont un trouble très fréquent pendant la grossesse. Nous vous expliquons ici comment les éviter et les traiter pendant la grossesse et après l’accouchement.

L’apparition d’hémorroïdes pendant la grossesse est un tableau clinique très courant et fréquent. La principale cause de cette pathologie est essentiellement due à l’élargissement de l’utérus qui devient de plus en plus volumineux par la présence du fœtus en état de gestation. La matrice comprimant donc la dernière partie de l’intestin, ceci entraîne très souvent une constipation.

Par ailleurs, une prédisposition physiologique existe déjà dès le début de la grossesse : l’augmentation « normale » des sécrétions de l’hormone féminine, la progestérone, pendant cette période de gestation, dilate tous les vaisseaux sanguins du corps de la femme, y compris les petites veines irrigant le plexus anal. Ces veines et veinules, lorsqu’elles s’enflamment ou se congestionnent, conduisent à la formation d’hémorroïdes.

Les hémorroïdes affectées déclenchent une « crise hémorroïdaire » qui se caractérise par de fortes démangeaisons au niveau de l’ampoule anale, une douleur intense lors de la défécation suivie, parfois même, de l’expulsion d’une petite quantité de sang.

Les hémorroïdes pendant la grossesse :

comment les prévenir ?

Les femmes habituellement sujettes aux crises hémorroïdaires doivent,  dans la mesure du possible, mener un mode de vie sain et équilibré pendant leur grossesse, afin d’éviter la survenue ou l’apparition des hémorroïdes et leurs désagréments. Pour cela, il faut essayer de suivre ces quelques conseils qui peuvent donner des résultats satisfaisants :

  • N’oubliez jamais que la meilleure façon d’éviter les troubles hémorroïdaires, c’est d’éviter la constipation.
  • Evitez de vous retenir (l’abstinence) lorsque vous avez envie d’aller aux toilettes.
  • Évitez de forcer lorsque vous allez à la selle et ne restez pas assise trop longtemps sur la cuvette de toilette.
  • Suivre un régime riche en fibres contenus dans certains fruits et légumes, crus ou cuits, ce qui facilitera le transit intestinal. L’apport quotidien de ces fibres doit être compris entre 300 et 400 grammes. (Voir la liste exhaustive des fruits et légumes riches en fibres alimentaires dans les précédentes fiches santé n°4et 5)

S’il est recommandé de suivre un régime riche en fibres alimentaires, en contrepartie, il faudra éviter la consommation des autres aliments gras, le jus de pomme ou de citron, les plats épicés astringents pour l’estomac et les intestins. (Voir la liste exhaustive de ces aliments à éviter dans les précédentes fiches santé n°4et 5).

  • Boire au moins deux litres d’eau par jour : l’eau est excellente pour le système digestif. Les selles passent plus facilement quand le système digestif est correctement hydraté.

Les médecins et thérapeutes  conseillent de boire beaucoup d’eau. Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), il faut consommer environ 1,5 à 2 litres d’eau quotidiennement, notamment le matin à jeun où il est recommandé de boire au moins un verre d’eau, de préférence légèrement tiède. Sachez qu’une quantité d’eau suffisante et de liquides en général, peuvent se substituer à des dizaines de médicaments qu’on vous administre.

  • Faire de l’exercicephysique tous les jours, les promenades en plein air, la natation et la gymnastique douce sont fortement recommandées car le mouvement accélère la circulation sanguine dans le plexus veineux rectal.
  • Ne pas rester trop longtemps debout ou assise, afin d’éviter des problèmes de circulation et éviter de soulever des objets lourds.
  • Eviter la prise de poids: Le risque d’hémorroïdes est d’autant plus élevé que si la future maman développe une surcharge pondérale qui est un passage souvent obligé pour une femme enceinte.
  • Faites tous les jours des exercices du périnée, en contractant les muscles autour de votre vagin et de votre anus pendant 8 à 10 secondes, environ 25 fois de suite. Cet exercice vous permettra en effet d’augmenter la circulation sanguine dans la zone rectale. De plus, le renforcement des muscles de votre périnée et de votre pelvis vous sera utile lors de l’accouchement, ainsi qu’après.

 

Les hémorroïdes pendant la grossesse :

comment se soulager ?

  • Appliquer, 3 à 4 fois par jour, des bains de siège à l’eau froide ou fraîche, ce qui réduira le flux sanguin et, par conséquent, diminuera l’inflammation.
  • Si les hémorroïdes sont à l’extérieur de l’anus, vous pouvez réduire leur taille en les comprimant par un léger massage.
  • Garder en permanence une hygiène de la région anale impeccable et toujours propre : prendre un bain ou une douche quotidiennement. Evitez surtout l’utilisation du savon qui peut provoquer des irritations de la zone anale.
  • Après la selle, vous pouvez aussi nettoyer doucement la zone anale en faisant des lavements doux et décongestionnants, en se servant de lingettes humides spécifiques, un papier hygiénique imbibé d’eau ou une compresse d’eau florale d’hamamélis. Appliquer ensuite une pommade anti-inflammatoire (à base de marronnier par exemple), afin de renforcer le tonus veineux.

Bon à savoir : Éviter les papiers hygiéniques parfumés qui pourraient provoquer facilement une irritation susceptible d’aggraver l’inflammation.

  • Ne vous retenez pas si vous ressentez le besoin d’aller aux toilettes. Si vous êtes constipée ou que vos selles sont dures, vous pouvez utiliser un laxatif doux ou un suppositoire à la glycérine. Surtout, évitez de trop pousser ou de rester assise sur les toilettes pendant trop longtemps.
  • N’hésitez pas enfin à consulter votre gynécologue qui saura vous indiquer le traitement le plus approprié.
  • Si la douleur est persistante et insupportable, la femme enceinte peut prendre des comprimés d’acétaminophène ou soulager l’irritation avec de la pommade d’oxyde de zinc. Elle doit cependant éviter les anti-inflammatoires ou l’ibuprofène.

 

Les hémorroïdes pendant l’accouchement

De quelle façon l’accouchement peut-il déclencher une crise hémorroïdaire ?

Lors de l’accouchement, et plus particulièrement au moment de l’expulsion, les hémorroïdes qui sont apparues pendant la grossesse peuvent se dilater encore davantage, le plexus veineux rectal se trouvant comprimé au moment du passage de la tête du bébé par le canal de naissance.

Le problème tend encore à s’aggraver chez les femmes souffrant de problèmes circulatoires et notamment de varices au niveau des membres inférieurs.

Le poids du bébé à la naissance, sa taille et la durée du travail sont des facteurs importants qui augmentent le risque de développer des hémorroïdes après l’accouchement. En effet, plusieurs causes sont à l’origine de l’apparition des hémorroïdes pendant l’accouchement :

  • Lorsque le bébé est gros, sa tête est forcément grande et cet inconvénient nécessite plus de temps et d’efforts pour réussir à l’expulser.
  • La femme sera aussi contrainte de comprimer davantage et « pousser », pour aider le bébé à sortir, ce qui exerce une tension maximale sur la région basse. Cette attitude périnatale de la femme va favoriser l’affluence sanguine dans les veines qui finissent par devenir « saillantes », et c’est ainsi que ce risque hémorroïdaire va augmenter.
  • Dans le cas d’un accouchement « forcé », les risques d’apparition d’hémorroïdes augmentent encore plus avec l’utilisation du forceps ou le recours à l’épisiotomie. Ces pratiques médicales peuvent provoquer une déchirure périnéale superficielle, partielle ou totale de l’anus, provoquant de ce fait des hémorroïdes.

Même le recours à la césarienne ne protège pas contre le risque des hémorroïdes.

  • L’accouchement peut aussi provoquer la constipation pour 02 raisons essentielles :
  • A cause de tous ces changements hormonaux (ou plutôt le retour de plusieurs hormones à des niveaux normaux) auxquels le corps de la femme n’est plus habitué depuis quelques mois),
  • Lorsque la femme n’est plus capable, durant un certain temps, de compléter l’évacuation des selles, que ce soit pour des raisons physiques ou parce qu’elle a « peur » de souffrir en poussant pour réussir la défécation, elle sera donc tentée, par réflexe, de se retenir le plus longtemps possible.

 

Les hémorroïdes après l’accouchement

La femme enceinte peut ne pas souffrir de maladie hémorroïdaire pendant la grossesse. Cependant, compte tenu des contraintes de l’accouchement, particulièrement la pression très intense de l’utérus exercée sur les veines de la région anale lors de la poussée, certaines femmes seront aux prises avec des hémorroïdes, souvent douloureuses après l’accouchement. Cet état est souvent attribué aux conséquences post-partum.

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